Nos priorités : la santé et la solidarité !

Communiqué de la section SNESUP-FSU de l’URCA

Reims, le 6 avril 2020

Nos priorités : la santé et la solidarité !

La pandémie actuelle met au premier plan de toutes les préoccupations la préservation de la santé. La situation sanitaire et sociale que nous vivons actuellement est inédite. Nous n’avons d’autre choix que de respecter des consignes de confinement strict afin de limiter la propagation rapide de l’épidémie. Cette situation bouleverse nos repères et nos équilibres travail-famille, souvent déjà fragiles, et semble devoir durer encore plusieurs semaines.

Les injonctions du gouvernement à la « continuité pédagogique » ou à la « continuité des activités », et qui sont relayées localement, trouvent parfois des traductions dans des normes imposées aux collègues par certaines directions de composante ou d’administration (obligation d’utiliser certains outils, de mettre en ligne la version intégrale des cours, de réaliser des visios aux heures initialement prévues dans l’emploi du temps…). La tentation de vouloir continuer à distance à un rythme « normal » alimente une illusion de la normalité, totalement déconnectée de la réalité.

La période que nous vivons n’a rien de normal !

Pour nos étudiants d’abord, la situation est souvent extrêmement difficile : ils peuvent être isolés car éloignés de leur famille, dans des situations financières très dégradées car coupés des revenus d’appoint que leur procurent les « petits boulots », logés de manière exiguë sans accès stable à internet ou sans matériel informatique adapté. Ils sont parfois en première ligne dans les activités de lutte contre le virus ou de distribution des denrées alimentaires, au service de la population : étudiants en médecine auprès des personnes malades, étudiants des filières du secteur sanitaire et social auprès des personnes fragiles ou isolées, étudiants hyper sollicités dans le secteur de la grande distribution pour éviter les pénuries…

Ces conditions vécues par nos étudiants nous rappellent à quel point il est essentiel de penser la continuité pédagogique comme l’opportunité de maintenir des contacts avec eux, quand cela est possible, pour leur communiquer solidarité et soutien moral. Le maintien coûte que coûte d’enseignements à distance avec des attentes démesurées, au risque de les sur-occuper, n’aboutira qu’à pénaliser nos étudiants les plus fragiles et les plus impliqués dans la lutte contre les conséquences de l’épidémie.

Pour nous, enseignants, enseignants-chercheurs et personnels de l’administration, titulaires, contractuels et vacataires, le maintien d’une activité professionnelle se fait nécessairement dans un mode dégradé. Nous vivons et vivrons cette période dans des conditions hétérogènes et qui ne peuvent pas être normées. Les conditions matérielles de confinement, d’approvisionnement, d’accès à une connexion internet, la présence d’enfants, de parents, la maladie de soi ou d’un proche, dès aujourd’hui ou plus tard, ou encore l’anxiété, sont incompatibles avec un fonctionnement « normal ». Certains parviennent à travailler à temps plein, d’autres à temps très partiel, d’autres pas du tout, et les situations vont nécessairement évoluer. Les solutions que nous trouverons seront nécessairement diverses et artisanales.

Il est donc illusoire et dangereux de programmer la reproduction à l’identique de tous les cours au format vidéo, de demander un reporting serré des activités réalisées, ou de chercher à délivrer des notes à un rythme ordinaire et coûte que coûte. Et conditionner la rémunération des personnels à la stricte application de ces normes, comme cela semble être évoqué dans certains départements, est inacceptable ! Plus que jamais, ce type d’injonctions complique les situations déjà difficiles et peut conduire à une fragilisation de la santé des personnels en empiétant sur leurs temps de repos, par exemple en poussant les collègues à travailler le soir quand les enfants sont couchés, ou le week-end. Plus que jamais, nous avons besoin d’être disponibles pour nos proches. Prendre soin d’eux et de nous-même doit rester la priorité. Nous ne devons pas choisir entre notre santé ou celle de nos proches et notre rémunération.

Revenons aux valeurs fondamentales de solidarité et de fraternité

Dans ce contexte extrêmement dégradé, il est de notre devoir, nous personnels de l’URCA, de garantir la solidarité et la cohésion entre tous les membres de la communauté universitaire.

Cela doit se traduire par le traitement le plus bienveillant possible de nos étudiants, en faisant passer au premier plan leur santé et leur sécurité.

Cela doit également passer par la garantie, apportée par la direction de notre université, que les personnels ne seront pas pénalisés, notamment sur le plan financier, par cette situation. Cette garantie doit être apportée à tous les personnels, quel que soit leur statut : titulaires, contractuels et vacataires.

De nombreuses interrogations subsistent à ce jour quant aux implications qu’aura, pour les étudiants et les personnels de l’URCA, la déclinaison locale du principe de « continuité pédagogique » pensé par notre ministère. Nous avons interpellé la présidence pour lui poser des questions concrètes à ce sujet et nous assurer que les choix opérés à l’URCA seront avant tout guidés par des considérations de solidarité et de fraternité (télécharger le courrier que nous avons adressé au président de l’université). C’est la seule réponse pertinente pour faire face à la situation exceptionnelle et dramatique que nous traversons !

La section SNESUP‑FSU de l’URCA

snesup-fsu@univ-reims.fr  –  www.snesup-fsu-urca.fr

Télécharger le questionnaire adressé au président de l’URCA