Pour tous les personnels, quel que soit leur statut, tout service prévu doit être réputé fait !

 C   o   m   m   u   n   i   q   u   é   d   e   l   a   s   e   c   t   i   o   n   S   N   E   S   U   P      F   S   U   d   e   l      U   R   C   A 

Reims, le 22 juin 2020

Pour tous les personnels, quel que soit leur statut, tout service prévu doit être réputé fait !

Alors que les personnels ont dû s’adapter en urgence au prix d’importants sacrifices pour maintenir à distance des enseignements dans des conditions souvent délétères,

Alors que le risque est grand que des étudiants déjà fragilisés décrochent de l’enseignement malgré les efforts colossaux fournis par les personnels durant la période de fermeture de l’établissement,

Alors que la ministre multiplie les discours contradictoires sur le déroulement de la prochaine rentrée, et que les collègues tentent de résoudre le casse-tête organisationnel généré par des consignes ministérielles aussi intenables que floues,

A l’URCA, le choix a été fait par la gouvernance de récompenser les enseignants pour leur dévouement de la plus élégante des manières : il leur est demandé de faire la preuve qu’ils ont travaillé faute de quoi ils ne seront pas payés ! Le scandale ne s’arrête pas là : il ne suffit pas d’avoir travaillé et de le prouver pour être rémunérés, il faut encore que le travail fourni réponde à des critères aberrants, sortis du chapeau présidentiel alors que la plupart des enseignements ont désormais pris fin.

On peut ainsi lire, dans un mail adressé par Guillaume Gellé aux direct.rice.eur.s de composantes, que l’enseignement doit avoir donné lieu à une interaction avec les étudiants « significative » pour qu’il soit reconnu et donc payé, ou encore que « la simple fourniture d’un support numérique sans interaction pédagogique avec les étudiants ne saurait donner lieu à validation même si le support a été produit ou adapté pour la circonstance » ! Le traitement réservé aux TP est encore plus radical : « les TP semblent généralement délicats à valider, à moins d’une mise en œuvre de solutions innovantes ».

A peine atténué par des injonctions hypocrites à la « bienveillance », ce mail de la présidence est une offense aux sacrifices consentis par les collègues et au dévouement dont ils ont fait preuve durant la fermeture de l’établissement pour fournir un service public d’enseignement supérieur malgré les circonstances dramatiques.

Ces consignes invitent au flicage des enseignants et semblent autoriser toutes les dérives : collègues accusés de n’avoir pas fait leur travail dans un courrier écrit par un directeur de composante, collègues contraints de devoir « prouver » leurs interactions avec les étudiants dans certains départements, « enquêtes » menées auprès des étudiants pour mesurer le degré d’interaction avec l’enseignant… Et la liste des témoignages envoyés par les collègues est malheureusement loin d’être exhaustive !

La section locale du SNESUP-FSU demande au président de l’URCA :

  • de mettre fin immédiatement à cette procédure inique d’« évaluation des services d’enseignement » ;
  • de mettre en paiement l’intégralité du service d’enseignement des collègues prévu avant la fermeture de l’établissement, et ce quel que soit leur statut (titulaires, contractuels et vacataires) ;
  • de joindre le discours à l’action : la bienveillance et la reconnaissance clamées par mails doivent se traduire par une augmentation substantielle des moyens pour la prochaine rentrée universitaire.

La section SNESUP‑FSU de l’URCA

snesup-fsu@univ-reims.fr  –  www.snesup-fsu-urca.fr